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Ce nouvel emploi social de la langue interroge la dichotomie oral-écrit, et remet en question les notions de variétés de langue. De plus, les traces écrites d’interactions informelles offrent l’occasion d’accéder au vernaculaire, sans l’intervention du chercheur. Tandis que les recherches variationnistes dans ce domaine pour l’anglais et d’autres langues se multiplient, elles sont moins nombreuses pour l’emploi du français dans le Web 2.0, et plus rares pour le français québécois. Dans ce cadre, cette thèse examine la variation langagière du français québécois à partir d’un corpus original constitué de commentaires écrits sur des pages publiques Facebook par des internautes qui déclarent étant situés au Québec. Elle tente de répondre à deux grandes questions : 1. La communication numérique écrite produite sur Facebook par des internautes au Québec ressemble-t-elle plutôt à la langue standard écrite québécoise, ou à la langue orale québécoise ? 2. Quelle est la variabilité des emplois standards et non standards d’un commentaire à l’autre ? Adoptant une approche systématique cette étude examine ainsi l’emploi de huit variables sociolinguistiques du français québécois qui font l’objet d’études depuis des décennies (en l’occurrence des éléments lexicaux, verbaux, syntaxiques et pronominaux). Dans un premier temps, des analyses de concordance permettent de dégager les fréquences d’emploi de ces marqueurs sociolinguistiques, pour ensuite les comparer aux fréquences attestées à l’oral et dans d’autres contextes numériques. Dans un deuxième temps, des analyses de collocation cherchent à déterminer à quel point les internautes emploient des formes non standards dans leurs écrits numériques. Les résultats de cette thèse mènent à une réflexion sur la théorie sociolinguistique et sur l’avenir du français québécois et des langues minoritaires dans l’ère du numérique.","abstract_html":"Les technologies numériques deviennent un moyen omniprésent de communiquer par écrit et représentent un nouvel usage social de la langue qui ressemble aux conversations orales. Puisque la sociolinguistique a pour but d’étudier la langue dans son contexte social, cette perspective se prête bien à l’observation des échanges dans des espaces numériques. En effet, les sociolinguistes notent l’importance d’étudier cette nouvelle forme langagière, qui contient des éléments des codes écrit et oral, en plus de symboles. Ce nouvel emploi social de la langue interroge la dichotomie oral-écrit, et remet en question les notions de variétés de langue. De plus, les traces écrites d’interactions informelles offrent l’occasion d’accéder au vernaculaire, sans l’intervention du chercheur. 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