{"id":{"repo_id":"sherbrooke","oai_identifier":"oai:usherbrooke.scholaris.ca:11143/24930"},"canonical_url":"https://search.dev.ndltd.org/etd/sherbrooke/oai:usherbrooke.scholaris.ca:11143/24930","repository":{"repo_id":"sherbrooke","name":"Université de Sherbrooke","base_url":"https://usherbrooke.scholaris.ca/server/oai/request"},"display":{"title":"Sédentarité des personnes aînées : seuils critiques et impacts métaboliques","abstract":"Introduction Au cours du dernier siècle, la transition d’une société manufacturière vers une économie du savoir a profondément modifié nos modes de vie, favorisant l’augmentation des comportements sédentaires, définis comme des activités à faible dépense énergétique réalisées en position assise, allongée ou inclinée. Distincts de l’inactivité physique, ces comportements peuvent être élevés même chez des individus respectant les recommandations d’activité physique, et sont aujourd’hui reconnus comme un déterminant majeur de la santé. Les données scientifiques démontrent en effet qu’une sédentarité prolongée accroît les risques de mortalité prématurée, de maladies cardiovasculaires et de nombreuses conditions chroniques. Cette problématique est particulièrement préoccupante chez les personnes aînées, qui constituent le groupe le plus sédentaire de la population et chez qui les effets délétères touchent la santé physique, cognitive et psychosociale, compromettant l’autonomie et la qualité de vie. Or, la sédentarité représente un comportement modifiable : réduire le temps total passé assis ou interrompre régulièrement les périodes prolongées par des mouvements légers entraîne des bénéfices cardiométaboliques mesurables. Dans ce contexte, étudier les mécanismes, les déterminants et les stratégies efficaces pour réduire la sédentarité apparaît essentiel pour soutenir un vieillissement en santé. Objectifs Cette thèse avait pour premier objectif d’évaluer l’efficacité des mesures absolue et relative du temps de sédentarité pour estimer les risques de santé chez les aînés et identifier un seuil relatif associé à une hausse de la multimorbidité. Le deuxième objectif était de déterminer si l’interruption régulière d’une période prolongée de sédentarité par des épisodes de marche légère influence la flexibilité métabolique chez des personnes aînées sédentaires. Méthodologie Deux études distinctes ont été menées pour répondre à ces deux objectifs. La première a été effectuée à l’aide des données de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) accomplies par Statistique Canada sur des cycles de 2 ans. Les données des personnes âgées de 65 ans et plus vivant dans les 10 provinces du Canada ont été extraites sur une période de 5 cycles, soit de 2007 à 2017. Les analyses ont été réalisées en incluant les 2641 individus qui respectaient les critères d’inclusion, soit : avoir des données d’accélérométrie valides (minimum de 4 jours incluant un jour de fin de semaine) et avoir rempli les questions de l’enquête concernant les conditions de santé. La première étape a été de comparer le quartile des individus les plus sédentaires (Q4) au quartile des moins sédentaires (Q1) en temps absolu de sédentarité et en temps relatif (temps sédentaire (min) / temps total de port (min)) en termes de conditions de santé. À l’aide des résultats de ce premier volet, des courbes ROC (de l’anglais receiver operating characteristic) ont été utilisées afin de déterminer les points de coupure, pour identifier le seuil en temps relatif à partir duquel les risques de présenter une multimorbidité (soit avoir deux conditions de santé et plus) augmente significativement. Également, les rapports de cotes (odds ratios) ont été calculés à l’aide de régressions logistiques multivariées. Par ailleurs, l’étude clinique a recruté 12 personnes âgées de 65 à 80 ans (9 femmes et 3 hommes) qui ont participé à un protocole chassé‑croisé contrebalancé comprenant trois conditions expérimentales, chacune correspondant à une journée de 8 heures en position assise. Dans la condition contrôle, les participants demeuraient assis sans interruption durant l’ensemble des 8 heures. Les deux conditions expérimentales consistaient à interrompre la sédentarité soit : Break60) toutes les 60 minutes par 6 minutes de marche d’intensité légère, ou Break30) toutes les 30 minutes par 3 minutes de marche d’intensité légère. À chaque journée expérimentale, les échanges gazeux, les signes vitaux ainsi que des échantillons sanguins et de salive étaient recueillis à toutes les heures, immédiatement avant les interruptions prévues. Les participants se présentaient chaque matin à jeun depuis au moins 8 heures et demeuraient assis immobiles à leur arrivée afin d’assurer un état de repos uniforme avant la prise des mesures de base. La flexibilité métabolique a été évaluée à l’aide de deux approches complémentaires, soit la variance quotidienne des réponses métaboliques dérivée des mesures horaires d’insuline et de RER, ainsi que l’amplitude des réponses calculée par la méthode pic‑à‑creux comparant la valeur maximale au niveau de base. Résultats En comparant le groupe Q4 au groupe Q1, aucune association significative avec les conditions de santé n’a été observée pour le temps sédentaire absolu (absolute sedentary time; ASBT). En revanche, la même comparaison effectuée avec le temps sédentaire relatif (relative sedentary time; RSBT) montre que le groupe RSBT‑Q4 (n = 660), comparé au groupe RSBT‑Q1 (n = 660), présente une prévalence significativement plus élevée (toutes les valeurs p < 0,01) de cancers (160 vs 110), de maladies cardiovasculaires (422 vs 326), métaboliques (276 vs 194) et musculosquelettiques (407 vs 345), ainsi qu’une multimorbidité plus fréquente (462 vs 350). Après ajustement pour les facteurs de confusion (activité physique modérée à vigoureuse, type de logement, revenu, niveau d’éducation, statut marital, saison du port d’accéléromètre, consommation d’alcool et tabagisme), ces associations demeuraient significatives, à l’exception des conditions musculosquelettiques. À l’aide de la même cohorte et avec les données de sédentarité relatives (% du temps d’éveil), le seuil optimal permettant d’identifier la multimorbidité a été établi à un RSBT supérieur à 79,4 % (AUC = 0,579 [0,557–0,601]). Les personnes dépassant ce seuil présentaient une probabilité accrue de multimorbidité, avec un rapport de cotes de 1,58 (IC 95 % : 1,35–1,84). Après ajustement pour l’ensemble des covariables, ce risque demeurait significativement élevé, avec un rapport de cotes de 1,29 (IC 95 % : 1,09–1,53). Du côté de l’étude clinique, les valeurs de Respiratory Exchange Ratio (RER) au début de chaque journée expérimentale ne différaient pas entre les trois conditions (noBreak = 0,81; Break30 = 0,80; Break60 = 0,81; p = 0,699). En ce qui concerne la flexibilité métabolique, la condition Break30 présentait une variance du RER significativement plus élevée que la condition contrôle, tandis qu’aucune différence n’était observée pour la variance des niveaux d’insuline. Par ailleurs, une tendance à une diminution de l’oxydation des lipides en après‑midi a été notée en Break30 comparativement à noBreak (p = 0,062), alors qu’aucune différence n’était observée pour l’oxydation des glucides. Une analyse plus détaillée du RER révèle des différences significatives à certains moments de la journée : la condition Break30 présentait un RER plus élevé à T4 (0,86 ± 0,04 vs 0,83 ± 0,04; post‑hoc = 0,0032) et à T7 (0,90 ± 0,05 vs 0,87 ± 0,04; p = 0,002) par rapport à la condition contrôle. De plus, le RER est demeuré relativement stable en Break30 de T1 à T6. Enfin, la comparaison des deltas pré‑post déjeuner et pré‑post dîner met en évidence une interaction significative condition × temps, la réponse de Break30 différant de celles observées pour Break60 et noBreak (p = 0,009). Pour ce qui est des paramètres sanguins, aucune différence conditionnelle n’a été observée concernant la dynamique du glucose, bien qu’un effet principal du temps ait été détecté. En revanche, pour les acides gras libres (non‑esterified fatty acids; NEFA), une interaction significative condition × temps a été mise en évidence. En après‑midi, l’aire sous la courbe des concentrations des NEFA étaient significativement plus élevées dans les conditions Break60 (post-hoc = 0,002) et Break30 (post-hoc = 0,038) comparativement à la condition contrôle. Conclusion Dans l’ensemble, les résultats de cette thèse montrent que la mesure de la sédentarité gagnerait à dépasser les mesures absolues du temps assis au profit d’indicateurs relatifs, tels que la proportion du temps d’éveil passée en comportements sédentaires. Cette approche, fondée sur le temps relatif, permet de mieux distinguer les profils de risque associés à la sédentarité, d’améliorer la comparabilité entre individus et entre études, et d’offrir des balises plus pertinentes pour l’établissement de seuils cliniques. À cet égard, les analyses du deuxième article indiquent qu’excéder 79,4 % du temps d’éveil en comportements sédentaires est associé à une probabilité significativement accrue de multimorbidité chez les personnes aînées vivant dans la communauté, mettant ainsi en évidence un seuil critique susceptible d’éclairer les futures recommandations cliniques. Par ailleurs, les présents résultats soulignent que l’organisation du temps assis représente un déterminant complémentaire de la santé métabolique. Le fait d’interrompre régulièrement les périodes prolongées de sédentarité par de brèves marches d’intensité légère, par exemple trois minutes toutes les 30 minutes, semble favoriser une meilleure flexibilité métabolique que des périodes continues en position assise. Ces interruptions induisent des adaptations métaboliques potentiellement bénéfiques, suggérant qu’il s’agit d’une stratégie simple et applicable pour améliorer la santé métabolique chez les personnes vieillissantes. Ainsi, les travaux de cette thèse posent des bases solides pour affiner la mesure de la sédentarité. Ils contribuent également à orienter la conception d’interventions et de seuils cliniques plus pertinents. Enfin, ils ouvrent la voie à des recherches futures visant à optimiser ces approches afin de soutenir un vieillissement en santé.","abstract_html":"Introduction Au cours du dernier siècle, la transition d’une société manufacturière vers une économie du savoir a profondément modifié nos modes de vie, favorisant l’augmentation des comportements sédentaires, définis comme des activités à faible dépense énergétique réalisées en position assise, allongée ou inclinée. Distincts de l’inactivité physique, ces comportements peuvent être élevés même chez des individus respectant les recommandations d’activité physique, et sont aujourd’hui reconnus comme un déterminant majeur de la santé. Les données scientifiques démontrent en effet qu’une sédentarité prolongée accroît les risques de mortalité prématurée, de maladies cardiovasculaires et de nombreuses conditions chroniques. Cette problématique est particulièrement préoccupante chez les personnes aînées, qui constituent le groupe le plus sédentaire de la population et chez qui les effets délétères touchent la santé physique, cognitive et psychosociale, compromettant l’autonomie et la qualité de vie. Or, la sédentarité représente un comportement modifiable : réduire le temps total passé assis ou interrompre régulièrement les périodes prolongées par des mouvements légers entraîne des bénéfices cardiométaboliques mesurables. Dans ce contexte, étudier les mécanismes, les déterminants et les stratégies efficaces pour réduire la sédentarité apparaît essentiel pour soutenir un vieillissement en santé. Objectifs Cette thèse avait pour premier objectif d’évaluer l’efficacité des mesures absolue et relative du temps de sédentarité pour estimer les risques de santé chez les aînés et identifier un seuil relatif associé à une hausse de la multimorbidité. Le deuxième objectif était de déterminer si l’interruption régulière d’une période prolongée de sédentarité par des épisodes de marche légère influence la flexibilité métabolique chez des personnes aînées sédentaires. Méthodologie Deux études distinctes ont été menées pour répondre à ces deux objectifs. La première a été effectuée à l’aide des données de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) accomplies par Statistique Canada sur des cycles de 2 ans. Les données des personnes âgées de 65 ans et plus vivant dans les 10 provinces du Canada ont été extraites sur une période de 5 cycles, soit de 2007 à 2017. Les analyses ont été réalisées en incluant les 2641 individus qui respectaient les critères d’inclusion, soit : avoir des données d’accélérométrie valides (minimum de 4 jours incluant un jour de fin de semaine) et avoir rempli les questions de l’enquête concernant les conditions de santé. La première étape a été de comparer le quartile des individus les plus sédentaires (Q4) au quartile des moins sédentaires (Q1) en temps absolu de sédentarité et en temps relatif (temps sédentaire (min) / temps total de port (min)) en termes de conditions de santé. À l’aide des résultats de ce premier volet, des courbes ROC (de l’anglais receiver operating characteristic) ont été utilisées afin de déterminer les points de coupure, pour identifier le seuil en temps relatif à partir duquel les risques de présenter une multimorbidité (soit avoir deux conditions de santé et plus) augmente significativement. Également, les rapports de cotes (odds ratios) ont été calculés à l’aide de régressions logistiques multivariées. Par ailleurs, l’étude clinique a recruté 12 personnes âgées de 65 à 80 ans (9 femmes et 3 hommes) qui ont participé à un protocole chassé‑croisé contrebalancé comprenant trois conditions expérimentales, chacune correspondant à une journée de 8 heures en position assise. Dans la condition contrôle, les participants demeuraient assis sans interruption durant l’ensemble des 8 heures. Les deux conditions expérimentales consistaient à interrompre la sédentarité soit : Break60) toutes les 60 minutes par 6 minutes de marche d’intensité légère, ou Break30) toutes les 30 minutes par 3 minutes de marche d’intensité légère. À chaque journée expérimentale, les échanges gazeux, les signes vitaux ainsi que des échantillons sanguins et de salive étaient recueillis à toutes les heures, immédiatement avant les interruptions prévues. Les participants se présentaient chaque matin à jeun depuis au moins 8 heures et demeuraient assis immobiles à leur arrivée afin d’assurer un état de repos uniforme avant la prise des mesures de base. La flexibilité métabolique a été évaluée à l’aide de deux approches complémentaires, soit la variance quotidienne des réponses métaboliques dérivée des mesures horaires d’insuline et de RER, ainsi que l’amplitude des réponses calculée par la méthode pic‑à‑creux comparant la valeur maximale au niveau de base. Résultats En comparant le groupe Q4 au groupe Q1, aucune association significative avec les conditions de santé n’a été observée pour le temps sédentaire absolu (absolute sedentary time; ASBT). 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À l’aide de la même cohorte et avec les données de sédentarité relatives (% du temps d’éveil), le seuil optimal permettant d’identifier la multimorbidité a été établi à un RSBT supérieur à 79,4 % (AUC = 0,579 [0,557–0,601]). Les personnes dépassant ce seuil présentaient une probabilité accrue de multimorbidité, avec un rapport de cotes de 1,58 (IC 95 % : 1,35–1,84). Après ajustement pour l’ensemble des covariables, ce risque demeurait significativement élevé, avec un rapport de cotes de 1,29 (IC 95 % : 1,09–1,53). Du côté de l’étude clinique, les valeurs de Respiratory Exchange Ratio (RER) au début de chaque journée expérimentale ne différaient pas entre les trois conditions (noBreak = 0,81; Break30 = 0,80; Break60 = 0,81; p = 0,699). En ce qui concerne la flexibilité métabolique, la condition Break30 présentait une variance du RER significativement plus élevée que la condition contrôle, tandis qu’aucune différence n’était observée pour la variance des niveaux d’insuline. 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En revanche, pour les acides gras libres (non‑esterified fatty acids; NEFA), une interaction significative condition × temps a été mise en évidence. En après‑midi, l’aire sous la courbe des concentrations des NEFA étaient significativement plus élevées dans les conditions Break60 (post-hoc = 0,002) et Break30 (post-hoc = 0,038) comparativement à la condition contrôle. Conclusion Dans l’ensemble, les résultats de cette thèse montrent que la mesure de la sédentarité gagnerait à dépasser les mesures absolues du temps assis au profit d’indicateurs relatifs, tels que la proportion du temps d’éveil passée en comportements sédentaires. Cette approche, fondée sur le temps relatif, permet de mieux distinguer les profils de risque associés à la sédentarité, d’améliorer la comparabilité entre individus et entre études, et d’offrir des balises plus pertinentes pour l’établissement de seuils cliniques. À cet égard, les analyses du deuxième article indiquent qu’excéder 79,4 % du temps d’éveil en comportements sédentaires est associé à une probabilité significativement accrue de multimorbidité chez les personnes aînées vivant dans la communauté, mettant ainsi en évidence un seuil critique susceptible d’éclairer les futures recommandations cliniques. Par ailleurs, les présents résultats soulignent que l’organisation du temps assis représente un déterminant complémentaire de la santé métabolique. Le fait d’interrompre régulièrement les périodes prolongées de sédentarité par de brèves marches d’intensité légère, par exemple trois minutes toutes les 30 minutes, semble favoriser une meilleure flexibilité métabolique que des périodes continues en position assise. Ces interruptions induisent des adaptations métaboliques potentiellement bénéfiques, suggérant qu’il s’agit d’une stratégie simple et applicable pour améliorer la santé métabolique chez les personnes vieillissantes. Ainsi, les travaux de cette thèse posent des bases solides pour affiner la mesure de la sédentarité. Ils contribuent également à orienter la conception d’interventions et de seuils cliniques plus pertinents. Enfin, ils ouvrent la voie à des recherches futures visant à optimiser ces approches afin de soutenir un vieillissement en santé.","abstract_has_math":false,"creators":["Maréchal, René"],"institution":"Université de Sherbrooke","degree_name":"Ph. 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Dans ce contexte, étudier les mécanismes, les déterminants et les stratégies efficaces pour réduire la sédentarité apparaît essentiel pour soutenir un vieillissement en santé. Objectifs Cette thèse avait pour premier objectif d’évaluer l’efficacité des mesures absolue et relative du temps de sédentarité pour estimer les risques de santé chez les aînés et identifier un seuil relatif associé à une hausse de la multimorbidité. Le deuxième objectif était de déterminer si l’interruption régulière d’une période prolongée de sédentarité par des épisodes de marche légère influence la flexibilité métabolique chez des personnes aînées sédentaires. Méthodologie Deux études distinctes ont été menées pour répondre à ces deux objectifs. La première a été effectuée à l’aide des données de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) accomplies par Statistique Canada sur des cycles de 2 ans. 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En revanche, pour les acides gras libres (non‑esterified fatty acids; NEFA), une interaction significative condition × temps a été mise en évidence. En après‑midi, l’aire sous la courbe des concentrations des NEFA étaient significativement plus élevées dans les conditions Break60 (post-hoc = 0,002) et Break30 (post-hoc = 0,038) comparativement à la condition contrôle. Conclusion Dans l’ensemble, les résultats de cette thèse montrent que la mesure de la sédentarité gagnerait à dépasser les mesures absolues du temps assis au profit d’indicateurs relatifs, tels que la proportion du temps d’éveil passée en comportements sédentaires. Cette approche, fondée sur le temps relatif, permet de mieux distinguer les profils de risque associés à la sédentarité, d’améliorer la comparabilité entre individus et entre études, et d’offrir des balises plus pertinentes pour l’établissement de seuils cliniques. À cet égard, les analyses du deuxième article indiquent qu’excéder 79,4 % du temps d’éveil en comportements sédentaires est associé à une probabilité significativement accrue de multimorbidité chez les personnes aînées vivant dans la communauté, mettant ainsi en évidence un seuil critique susceptible d’éclairer les futures recommandations cliniques. Par ailleurs, les présents résultats soulignent que l’organisation du temps assis représente un déterminant complémentaire de la santé métabolique. Le fait d’interrompre régulièrement les périodes prolongées de sédentarité par de brèves marches d’intensité légère, par exemple trois minutes toutes les 30 minutes, semble favoriser une meilleure flexibilité métabolique que des périodes continues en position assise. Ces interruptions induisent des adaptations métaboliques potentiellement bénéfiques, suggérant qu’il s’agit d’une stratégie simple et applicable pour améliorer la santé métabolique chez les personnes vieillissantes. Ainsi, les travaux de cette thèse posent des bases solides pour affiner la mesure de la sédentarité. Ils contribuent également à orienter la conception d’interventions et de seuils cliniques plus pertinents. Enfin, ils ouvrent la voie à des recherches futures visant à optimiser ces approches afin de soutenir un vieillissement en santé."]},{"key":"dc:title","label":"Title","values":["Sédentarité des personnes aînées : seuils critiques et impacts métaboliques"]}]}],"canonical_facts":{"dc:contributor.advisor":["Dionne, Isabelle"],"dc:creator":["Maréchal, René"],"dc:date.accessioned":["2026-07-21T14:14:11Z"],"dc:date.issued":["2026"],"dc:description.abstract":["Introduction Au cours du dernier siècle, la transition d’une société manufacturière vers une économie du savoir a profondément modifié nos modes de vie, favorisant l’augmentation des comportements sédentaires, définis comme des activités à faible dépense énergétique réalisées en position assise, allongée ou inclinée. Distincts de l’inactivité physique, ces comportements peuvent être élevés même chez des individus respectant les recommandations d’activité physique, et sont aujourd’hui reconnus comme un déterminant majeur de la santé. Les données scientifiques démontrent en effet qu’une sédentarité prolongée accroît les risques de mortalité prématurée, de maladies cardiovasculaires et de nombreuses conditions chroniques. Cette problématique est particulièrement préoccupante chez les personnes aînées, qui constituent le groupe le plus sédentaire de la population et chez qui les effets délétères touchent la santé physique, cognitive et psychosociale, compromettant l’autonomie et la qualité de vie. Or, la sédentarité représente un comportement modifiable : réduire le temps total passé assis ou interrompre régulièrement les périodes prolongées par des mouvements légers entraîne des bénéfices cardiométaboliques mesurables. Dans ce contexte, étudier les mécanismes, les déterminants et les stratégies efficaces pour réduire la sédentarité apparaît essentiel pour soutenir un vieillissement en santé. Objectifs Cette thèse avait pour premier objectif d’évaluer l’efficacité des mesures absolue et relative du temps de sédentarité pour estimer les risques de santé chez les aînés et identifier un seuil relatif associé à une hausse de la multimorbidité. Le deuxième objectif était de déterminer si l’interruption régulière d’une période prolongée de sédentarité par des épisodes de marche légère influence la flexibilité métabolique chez des personnes aînées sédentaires. Méthodologie Deux études distinctes ont été menées pour répondre à ces deux objectifs. La première a été effectuée à l’aide des données de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) accomplies par Statistique Canada sur des cycles de 2 ans. Les données des personnes âgées de 65 ans et plus vivant dans les 10 provinces du Canada ont été extraites sur une période de 5 cycles, soit de 2007 à 2017. Les analyses ont été réalisées en incluant les 2641 individus qui respectaient les critères d’inclusion, soit : avoir des données d’accélérométrie valides (minimum de 4 jours incluant un jour de fin de semaine) et avoir rempli les questions de l’enquête concernant les conditions de santé. La première étape a été de comparer le quartile des individus les plus sédentaires (Q4) au quartile des moins sédentaires (Q1) en temps absolu de sédentarité et en temps relatif (temps sédentaire (min) / temps total de port (min)) en termes de conditions de santé. À l’aide des résultats de ce premier volet, des courbes ROC (de l’anglais receiver operating characteristic) ont été utilisées afin de déterminer les points de coupure, pour identifier le seuil en temps relatif à partir duquel les risques de présenter une multimorbidité (soit avoir deux conditions de santé et plus) augmente significativement. Également, les rapports de cotes (odds ratios) ont été calculés à l’aide de régressions logistiques multivariées. Par ailleurs, l’étude clinique a recruté 12 personnes âgées de 65 à 80 ans (9 femmes et 3 hommes) qui ont participé à un protocole chassé‑croisé contrebalancé comprenant trois conditions expérimentales, chacune correspondant à une journée de 8 heures en position assise. Dans la condition contrôle, les participants demeuraient assis sans interruption durant l’ensemble des 8 heures. Les deux conditions expérimentales consistaient à interrompre la sédentarité soit : Break60) toutes les 60 minutes par 6 minutes de marche d’intensité légère, ou Break30) toutes les 30 minutes par 3 minutes de marche d’intensité légère. À chaque journée expérimentale, les échanges gazeux, les signes vitaux ainsi que des échantillons sanguins et de salive étaient recueillis à toutes les heures, immédiatement avant les interruptions prévues. Les participants se présentaient chaque matin à jeun depuis au moins 8 heures et demeuraient assis immobiles à leur arrivée afin d’assurer un état de repos uniforme avant la prise des mesures de base. La flexibilité métabolique a été évaluée à l’aide de deux approches complémentaires, soit la variance quotidienne des réponses métaboliques dérivée des mesures horaires d’insuline et de RER, ainsi que l’amplitude des réponses calculée par la méthode pic‑à‑creux comparant la valeur maximale au niveau de base. Résultats En comparant le groupe Q4 au groupe Q1, aucune association significative avec les conditions de santé n’a été observée pour le temps sédentaire absolu (absolute sedentary time; ASBT). En revanche, la même comparaison effectuée avec le temps sédentaire relatif (relative sedentary time; RSBT) montre que le groupe RSBT‑Q4 (n = 660), comparé au groupe RSBT‑Q1 (n = 660), présente une prévalence significativement plus élevée (toutes les valeurs p < 0,01) de cancers (160 vs 110), de maladies cardiovasculaires (422 vs 326), métaboliques (276 vs 194) et musculosquelettiques (407 vs 345), ainsi qu’une multimorbidité plus fréquente (462 vs 350). Après ajustement pour les facteurs de confusion (activité physique modérée à vigoureuse, type de logement, revenu, niveau d’éducation, statut marital, saison du port d’accéléromètre, consommation d’alcool et tabagisme), ces associations demeuraient significatives, à l’exception des conditions musculosquelettiques. À l’aide de la même cohorte et avec les données de sédentarité relatives (% du temps d’éveil), le seuil optimal permettant d’identifier la multimorbidité a été établi à un RSBT supérieur à 79,4 % (AUC = 0,579 [0,557–0,601]). Les personnes dépassant ce seuil présentaient une probabilité accrue de multimorbidité, avec un rapport de cotes de 1,58 (IC 95 % : 1,35–1,84). Après ajustement pour l’ensemble des covariables, ce risque demeurait significativement élevé, avec un rapport de cotes de 1,29 (IC 95 % : 1,09–1,53). Du côté de l’étude clinique, les valeurs de Respiratory Exchange Ratio (RER) au début de chaque journée expérimentale ne différaient pas entre les trois conditions (noBreak = 0,81; Break30 = 0,80; Break60 = 0,81; p = 0,699). En ce qui concerne la flexibilité métabolique, la condition Break30 présentait une variance du RER significativement plus élevée que la condition contrôle, tandis qu’aucune différence n’était observée pour la variance des niveaux d’insuline. Par ailleurs, une tendance à une diminution de l’oxydation des lipides en après‑midi a été notée en Break30 comparativement à noBreak (p = 0,062), alors qu’aucune différence n’était observée pour l’oxydation des glucides. Une analyse plus détaillée du RER révèle des différences significatives à certains moments de la journée : la condition Break30 présentait un RER plus élevé à T4 (0,86 ± 0,04 vs 0,83 ± 0,04; post‑hoc = 0,0032) et à T7 (0,90 ± 0,05 vs 0,87 ± 0,04; p = 0,002) par rapport à la condition contrôle. De plus, le RER est demeuré relativement stable en Break30 de T1 à T6. Enfin, la comparaison des deltas pré‑post déjeuner et pré‑post dîner met en évidence une interaction significative condition × temps, la réponse de Break30 différant de celles observées pour Break60 et noBreak (p = 0,009). Pour ce qui est des paramètres sanguins, aucune différence conditionnelle n’a été observée concernant la dynamique du glucose, bien qu’un effet principal du temps ait été détecté. En revanche, pour les acides gras libres (non‑esterified fatty acids; NEFA), une interaction significative condition × temps a été mise en évidence. En après‑midi, l’aire sous la courbe des concentrations des NEFA étaient significativement plus élevées dans les conditions Break60 (post-hoc = 0,002) et Break30 (post-hoc = 0,038) comparativement à la condition contrôle. Conclusion Dans l’ensemble, les résultats de cette thèse montrent que la mesure de la sédentarité gagnerait à dépasser les mesures absolues du temps assis au profit d’indicateurs relatifs, tels que la proportion du temps d’éveil passée en comportements sédentaires. Cette approche, fondée sur le temps relatif, permet de mieux distinguer les profils de risque associés à la sédentarité, d’améliorer la comparabilité entre individus et entre études, et d’offrir des balises plus pertinentes pour l’établissement de seuils cliniques. À cet égard, les analyses du deuxième article indiquent qu’excéder 79,4 % du temps d’éveil en comportements sédentaires est associé à une probabilité significativement accrue de multimorbidité chez les personnes aînées vivant dans la communauté, mettant ainsi en évidence un seuil critique susceptible d’éclairer les futures recommandations cliniques. Par ailleurs, les présents résultats soulignent que l’organisation du temps assis représente un déterminant complémentaire de la santé métabolique. Le fait d’interrompre régulièrement les périodes prolongées de sédentarité par de brèves marches d’intensité légère, par exemple trois minutes toutes les 30 minutes, semble favoriser une meilleure flexibilité métabolique que des périodes continues en position assise. Ces interruptions induisent des adaptations métaboliques potentiellement bénéfiques, suggérant qu’il s’agit d’une stratégie simple et applicable pour améliorer la santé métabolique chez les personnes vieillissantes. Ainsi, les travaux de cette thèse posent des bases solides pour affiner la mesure de la sédentarité. Ils contribuent également à orienter la conception d’interventions et de seuils cliniques plus pertinents. Enfin, ils ouvrent la voie à des recherches futures visant à optimiser ces approches afin de soutenir un vieillissement en santé."],"dc:identifier.doi":["https://doi.org/10.71892/11143/1822"],"dc:identifier.uri":["https://hdl.handle.net/11143/24930"],"dc:language.iso":["fr","en"],"dc:publisher":["Université de Sherbrooke"],"dc:subject":["Sédentarité","Personne aînée","Seuil","Flexibilité métabolique","Sédentarité relative"],"dc:title":["Sédentarité des personnes aînées : seuils critiques et impacts métaboliques"],"dc:type":["Thèse de doctorat"],"thesis:degree_discipline":["Kinanthropologie"],"thesis:degree_level":["Doctorat"],"thesis:degree_name":["Ph. D."],"thesis:institution_name":["Université de Sherbrooke"]},"updated_at":"2026-07-27T21:07:59Z"}