{"id":{"repo_id":"sherbrooke","oai_identifier":"oai:usherbrooke.scholaris.ca:11143/24475"},"canonical_url":"https://search.dev.ndltd.org/etd/sherbrooke/oai:usherbrooke.scholaris.ca:11143/24475","repository":{"repo_id":"sherbrooke","name":"Université de Sherbrooke","base_url":"https://usherbrooke.scholaris.ca/server/oai/request"},"display":{"title":"Relation entre la masse maigre et la santé métabolique","abstract":"Puisque la masse maigre est généralement considérée comme ayant un impact protecteur sur la santé métabolique, il est rapporté que la perte de masse maigre accompagnant le vieillissement puisse contribuer à la hausse de l’incidence des maladies chroniques observée avec l’âge. Des travaux antérieurs de notre laboratoire rapportaient cependant des observations contre-intuitives où une importante masse maigre était associée à une détérioration de la sensibilité à l’insuline. Ces observations, plusieurs fois répétées, m’ont amené à vouloir approfondir les raisons expliquant la divergence entre nos résultats et ceux de la littérature afin de mieux comprendre la relation réelle qui existe entre la masse maigre et la santé métabolique. Les objectifs de la thèse étaient donc, dans un premier temps, de déterminer la relation entre la masse maigre et la santé métabolique, spécifiquement la sensibilité à l’insuline et le syndrome métabolique, dans un contexte transversal. Dans un deuxième temps, nous voulions vérifier l’impact des unités de mesure utilisés pour représenter la masse maigre sur le sens de cette relation. Enfin, le dernier objectif était de vérifier si la relation entre la masse maigre et la santé métabolique, préalablement confirmée dans un contexte transversal, était également observée dans un contexte longitudinal. Pour répondre aux deux premiers objectifs de la thèse, soit la relation entre la masse maigre et la santé métabolique dans un contexte transversal et le sens de la relation en fonction de l’unité utilisé, des analyses de type populationnelle ont été menées sur une base de données américaine (National Health and Nutrition Examination Survey), permettant de contrôler pour de multiples covariables. Les participants des cohortes de 1999 à 2006, pour lesquels sont disponibles des données de composition corporelle avec DXA, ont été inclus dans les analyses. Au total, 7 044 personnes ont été incluses dans la première étude et 5 274 personnes dans la seconde. Pour vérifier la relation dans un contexte longitudinal, une étude randomisée contrôlée a été menée pour tenter d’induire une perte de masse maigre contrôlée grâce à une immobilisation prolongée. Au total, 22 participants (11 hommes et 11 femmes) ont complété la période d’alitement de deux semaines et ont été inclus dans les analyses. La moitié des participants étaient engagés dans un programme d’exercice consistant en trois séances d’entraînement quotidiennes pour une durée totale d’environ une heure, tandis que les participants du groupe témoin était limités à de la mobilisation passive. Des tests de composition corporelle (iDXA et IRM), de tolérance au glucose ainsi que des biopsies musculaires et des prises de sang ont été faites à différents moments avant, pendant et après la période d’alitement. Les principaux résultats de la thèse montrent que transversalement, une plus grande masse maigre était associée à une détérioration de la sensibilité à l’insuline et un risque accru du syndrome métabolique. Dans le premier article, les indices de masse maigre totale et de masse maigre appendiculaire étaient positivement corrélés avec la sensibilité à l’insuline estimée avec l’HOMA-IR (0.13 < r > 0.22) et ce, indépendamment de l’adiposité. Dans le second, les personnes avec une plus grande masse maigre avaient un risque accru d’avoir le syndrome métabolique par rapport aux personnes avec la plus faible masse maigre (1.98 < OR > 5.14). Par ailleurs, nos résultats montrent que l’utilisation de différentes unités pour représenter la masse maigre influence le sens de la relation. Plus spécifiquement, l’utilisation de l’indice de masse maigre (kg/m2) montrait une relation délétère entre la masse et la santé métabolique, tandis qu’une représentation relative au poids corporel montrait une relation inverse. La relation observée de manière transversale a également été identifiée dans un contexte longitudinal. Effectivement, les changements de volume des muscles de la cuisse, suivant deux semaines d’alitement, étaient associés aux changements d’aire sous la courbe du glucose pendant un test d’hyperglycémie provoqué par voie oral (β=47.01, 95%CI (7.2, 86.8), p=0.0239, n=18), et ce indépendamment de l’adiposité, du groupe d’appartenance et des valeurs initiales de volume musculaire et de tolérance au glucose. Cette relation n’a cependant pas été observée avec les changements de masse maigre des membres inférieurs, ni avec les changements de force spécifique. Il importe également de mentionner que plusieurs considérations méthodologiques peuvent avoir influencé les changements de masse maigre et de tolérance au glucose pendant l’alitement et qu’il faut interpréter ces résultats avec beaucoup de précaution. Enfin, le projet d’alitement montrent qu’une intervention quotidienne d’activité physique permet d’atténuer la perte de volume des muscles de la cuisse. Parallèlement, les analyses de protéomique montraient une réponse sélective, avec seulement deux protéines exprimées différemment entre les groupes, DEPTOR et MCEE. L’exercice diminuait l’expression de DEPTOR, connue pour son rôle inhibiteur de mTORC1, le principal régulateur de la synthèse protéique. De plus, l’exercice entraînait une expression accrue de protéines associées avec la translation mitochondriale, par rapport au groupe témoin. En somme, les travaux de ma thèse confirment les observations transversales préalablement publiées par notre laboratoire et viennent apporter une nuance importante à l’idée que la masse maigre soit nécessairement protectrice pour la santé métabolique. Nos résultats montrent une relation négative entre la masse maigre et la santé métabolique dans un contexte transversal. Nous rapportons également une relation similaire entre les changements aigus de volume des muscles de la cuisse et les changements de tolérance au glucose, dans le contexte d’alitement. Ces observations restent cependant à confirmer et des études sont nécessaires pour identifier les mécanismes qui sous-tendent cette relation. Les voies de signalisation identifiées par nos analyses de protéomique pourraient servir de point de départ intéressant pour de futures études mécanistiques.","abstract_html":"Puisque la masse maigre est généralement considérée comme ayant un impact protecteur sur la santé métabolique, il est rapporté que la perte de masse maigre accompagnant le vieillissement puisse contribuer à la hausse de l’incidence des maladies chroniques observée avec l’âge. Des travaux antérieurs de notre laboratoire rapportaient cependant des observations contre-intuitives où une importante masse maigre était associée à une détérioration de la sensibilité à l’insuline. 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Pour répondre aux deux premiers objectifs de la thèse, soit la relation entre la masse maigre et la santé métabolique dans un contexte transversal et le sens de la relation en fonction de l’unité utilisé, des analyses de type populationnelle ont été menées sur une base de données américaine (National Health and Nutrition Examination Survey), permettant de contrôler pour de multiples covariables. Les participants des cohortes de 1999 à 2006, pour lesquels sont disponibles des données de composition corporelle avec DXA, ont été inclus dans les analyses. Au total, 7 044 personnes ont été incluses dans la première étude et 5 274 personnes dans la seconde. Pour vérifier la relation dans un contexte longitudinal, une étude randomisée contrôlée a été menée pour tenter d’induire une perte de masse maigre contrôlée grâce à une immobilisation prolongée. Au total, 22 participants (11 hommes et 11 femmes) ont complété la période d’alitement de deux semaines et ont été inclus dans les analyses. 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Dans le second, les personnes avec une plus grande masse maigre avaient un risque accru d’avoir le syndrome métabolique par rapport aux personnes avec la plus faible masse maigre (1.98 < OR > 5.14). Par ailleurs, nos résultats montrent que l’utilisation de différentes unités pour représenter la masse maigre influence le sens de la relation. Plus spécifiquement, l’utilisation de l’indice de masse maigre (kg/m2) montrait une relation délétère entre la masse et la santé métabolique, tandis qu’une représentation relative au poids corporel montrait une relation inverse. La relation observée de manière transversale a également été identifiée dans un contexte longitudinal. 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