{"id":{"repo_id":"sherbrooke","oai_identifier":"oai:usherbrooke.scholaris.ca:11143/24170"},"canonical_url":"https://search.dev.ndltd.org/etd/sherbrooke/oai:usherbrooke.scholaris.ca:11143/24170","repository":{"repo_id":"sherbrooke","name":"Université de Sherbrooke","base_url":"https://usherbrooke.scholaris.ca/server/oai/request"},"display":{"title":"Décisions de drainage : résultats préliminaires issus d'une requête 2024 auprès d'agriculteurs canadiens","abstract":"Le Canada abrite environ 25% des milieux humides encore présents à l’échelle mondiale, ce qui en fait l’un des principaux réservoirs de ces écosystèmes. Situés à l’interface des milieux terrestres et aquatiques, les milieux humides fournissent des services écosystémiques majeurs : atténuation des inondations, amélioration de la qualité de l’eau, absorption et stockage du carbone, ainsi que soutien à une biodiversité élevée. Malgré leur valeur écologique et socioéconomique, ils figurent parmi les écosystèmes les plus menacés. Dans les zones habitées du pays, une proportion importante des milieux humides aurait été perdue ou dégradée, et ces pertes sont largement attribuées au drainage et à la conversion à des fins agricoles, qui représenteraient 85% des pertes connues. Ce mémoire analyse les déterminants de la décision de drainage des milieux humides chez les producteurs agricoles canadiens. Il vise, d’une part, à identifier les facteurs économiques, agronomiques et institutionnels associés à l’adoption du drainage et à son intensité et, d’autre part, à comparer ces logiques à celles qui influencent les comportements de conservation et de restauration des milieux humides. En s’appuyant sur la littérature existante, nous développons un modèle théorique qui formalise la décision de drainage comme un arbitrage entre, d’un côté, des gains privés liés à l’expansion de la surface cultivable et à la réduction de contraintes agronomiques et, de l’autre, des coûts marginaux croissants associés à l’investissement. Le modèle prédit une probabilité de drainage plus élevée lorsque la rentabilité agricole est forte, et plus faible lorsque les coûts, les pénalités ou les incitations à la conservation augmentent. Il suggère également que les exploitations de grande taille drainent moins intensément que les petites exploitations. L’analyse empirique repose sur les données du Sondage sur la gestion des terres et des milieux humides réalisé à la fin de 2023 auprès de producteurs canadiens. L’échantillon initial comprend 1 002 producteurs ; après exclusion des producteurs ne déclarant aucune zone humide, l’échantillon final compte 757 producteurs répartis dans cinq provinces : Québec (113), Ontario (130), Manitoba (144), Saskatchewan (186) et Alberta (184). La décision de drainer est estimée à l’aide d’un modèle Probit binaire (drainage : oui/non), puis l’intensité du drainage est examinée au moyen d’un Probit ordonné distinguant l’absence de drainage, le drainage partiel et le drainage total. Les résultats indiquent que la probabilité et l’intensité du drainage augmentent lorsque la pression foncière est plus forte et lorsque les milieux humides génèrent des contraintes opérationnelles. Les estimations révèlent aussi des hétérogénéités provinciales : avec le Québec comme catégorie de référence, les autres provinces présentent une intensité de drainage plus faible que celle observée au Québec. En comparaison, la conservation apparaît davantage associée à des facteurs agronomiques et à la gestion opérationnelle, tandis que la restauration s’apparente à une décision d’investissement de plus long terme. ces résultats plaident pour des politiques plus ciblées, tenant compte des contraintes de production, de la pression d’accès à la terre et des contextes régionaux, afin de réduire les incitations au drainage et de renforcer la conservation et la restauration des milieux humides.","abstract_html":"Le Canada abrite environ 25% des milieux humides encore présents à l’échelle mondiale, ce qui en fait l’un des principaux réservoirs de ces écosystèmes. Situés à l’interface des milieux terrestres et aquatiques, les milieux humides fournissent des services écosystémiques majeurs : atténuation des inondations, amélioration de la qualité de l’eau, absorption et stockage du carbone, ainsi que soutien à une biodiversité élevée. 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L’analyse empirique repose sur les données du Sondage sur la gestion des terres et des milieux humides réalisé à la fin de 2023 auprès de producteurs canadiens. L’échantillon initial comprend 1 002 producteurs ; après exclusion des producteurs ne déclarant aucune zone humide, l’échantillon final compte 757 producteurs répartis dans cinq provinces : Québec (113), Ontario (130), Manitoba (144), Saskatchewan (186) et Alberta (184). La décision de drainer est estimée à l’aide d’un modèle Probit binaire (drainage : oui/non), puis l’intensité du drainage est examinée au moyen d’un Probit ordonné distinguant l’absence de drainage, le drainage partiel et le drainage total. Les résultats indiquent que la probabilité et l’intensité du drainage augmentent lorsque la pression foncière est plus forte et lorsque les milieux humides génèrent des contraintes opérationnelles. 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Located at the interface between terrestrial and aquatic environments, wetlands provide major ecosystem services, including flood mitigation, water quality improvement, carbon sequestration and storage, and support for high levels of biodiversity. Despite their ecological and socioeconomic value, wetlands are among the most threatened ecosystems. In the inhabited regions of the country, a substantial share of wetlands is believed to have been lost or degraded, and these losses are largely attributed to drainage and conversion for agricultural purposes, which are estimated to account for 85% of known losses. This thesis analyzes the determinants of wetland drainage decisions among Canadian agricultural producers. Its objectives are, first, to identify the economic, agronomic, and institutional factors associated with the adoption of drainage and its intensity and, second, to compare these dynamics with those influencing wetland conservation and restoration behaviors. Drawing on the existing literature, we develop a theoretical model that formalizes the drainage decision as a trade-o between, on the one hand, private gains arising from the expansion of cultivable land and the reduction of agronomic constraints and, on the other hand, increasing marginal costs associated with the investment. The model predicts a higher probability of drainage when agricultural profitability is strong, and a lower probability when costs, penalties, or conservation incentives increase. It also suggests that large farms drain less intensively than small farms. The empirical analysis relies on data from the Wetland and Farmland Management Survey conducted in late 2023 among Canadian agricultural producers. The initial sample includes 1,002 producers; after excluding those who reported having no wetlands, the final sample consists of 757 producers distributed across five provinces: Quebec (113), Ontario (130), Manitoba (144), Saskatchewan (186), and Alberta (184). The decision to drain is estimated using a binary Probit model (drainage: yes/no), and drainage intensity is then examined using an ordered Probit model distinguishing no drainage, partial drainage, and total drainage. The results indicate that both the probability and the intensity of drainage increase when land pressure is greater and when wetlands generate operational constraints. The estimates also reveal provincial heterogeneity: with Quebec as the reference category, the other provinces display lower drainage intensity than that observed in Quebec. By comparison, conservation appears to be more closely associated with agronomic factors and operational management, whereas restoration resembles a longer-term investment decision. These findings support the need for more targeted policies that take into account production constraints, pressure on land access, and regional contexts in order to reduce incentives for drainage and strengthen wetland conservation and restoration."]},{"key":"dc:title","label":"Title","values":["Décisions de drainage : résultats préliminaires issus d'une requête 2024 auprès d'agriculteurs canadiens"]}]}],"canonical_facts":{"dc:contributor.advisor":["He, Jie"],"dc:creator":["Balde, Elhadj Souleymane"],"dc:date.accessioned":["2026-03-25T17:47:12Z"],"dc:date.issued":["2026"],"dc:description.abstract":["Le Canada abrite environ 25% des milieux humides encore présents à l’échelle mondiale, ce qui en fait l’un des principaux réservoirs de ces écosystèmes. 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Il vise, d’une part, à identifier les facteurs économiques, agronomiques et institutionnels associés à l’adoption du drainage et à son intensité et, d’autre part, à comparer ces logiques à celles qui influencent les comportements de conservation et de restauration des milieux humides. En s’appuyant sur la littérature existante, nous développons un modèle théorique qui formalise la décision de drainage comme un arbitrage entre, d’un côté, des gains privés liés à l’expansion de la surface cultivable et à la réduction de contraintes agronomiques et, de l’autre, des coûts marginaux croissants associés à l’investissement. Le modèle prédit une probabilité de drainage plus élevée lorsque la rentabilité agricole est forte, et plus faible lorsque les coûts, les pénalités ou les incitations à la conservation augmentent. Il suggère également que les exploitations de grande taille drainent moins intensément que les petites exploitations. 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