{"id":{"repo_id":"sherbrooke","oai_identifier":"oai:usherbrooke.scholaris.ca:11143/21359"},"canonical_url":"https://search.dev.ndltd.org/etd/sherbrooke/oai:usherbrooke.scholaris.ca:11143/21359","repository":{"repo_id":"sherbrooke","name":"Université de Sherbrooke","base_url":"https://usherbrooke.scholaris.ca/server/oai/request"},"display":{"title":"L’adaptation visuomotrice implicite et ses contraintes","abstract":"L’adaptation sensorimotrice réfère à la capacité de l’être humain d’ajuster de manière continue les commandes motrices des mouvements quotidiens pour interagir de façon efficace avec son environnement. Les défis sont nombreux, allant de l’acquisition ou de la perte de masse musculaire due à un programme de mise en forme, à l’ajustement de la force nécessaire pour effectuer des mouvements variés tels que soulever différents poids lors d’un entraînement, saisir une tasse de café le matin ou réaliser une frappe au soccer. Ces ajustements automatiques des commandes motrices garantissent la précision et l’efficacité des mouvements, conférant ainsi à l’adaptation sensorimotrice un rôle central dans le maintien d’une qualité de vie optimale. Le principal objectif de ce mémoire est d’explorer les fondements de l’adaptation sensorimotrice, en mettant l’accent sur les processus implicites qui sous-tendent les ajustements automatiques apportés aux commandes motrices des mouvements. Des études récentes ont mis en évidence une limite temporelle dans la capacité de ces processus implicites à s’adapter à une perturbation visuelle (interférence antérograde). Cette interférence antérograde temporelle se manifeste par une diminution de la capacité d’adaptation lorsque deux séances d’apprentissage se succèdent dans un court laps de temps. Les facteurs explicatifs de cette limite ont été attribués à un état réfractaire de la plasticité neuronale après une séance d’adaptation, ou encore à la présence de certains types d’essais entre les blocs d’apprentissage. Une approche pour élucider ces limites et les processus qui y sont associés consiste à identifier un marqueur neurophysiologique de l’adaptation sensorimotrice implicite. Un candidat potentiel est la synchronisation post-mouvement de la fréquence bêta, reconnue pour ses liens étroits avec les processus décisionnels menant à l’exécution des mouvements, ainsi qu’avec les mécanismes inhibiteurs neuronaux. De plus, plusieurs éléments suggèrent un lien entre une diminution de la synchronisation bêta post-mouvement et la présence de perturbations visuelles. Cependant, il reste à déterminer si ces observations s’appliquent à des perturbations purement implicites. L’objectif de ce mémoire est, dans un premier temps, d’évaluer si la synchronisation bêta post-mouvement est modulée par une exposition prolongée à des perturbations implicites. Dans cette optique, 32 participants ont été invités à deux séances en laboratoire au cours desquelles ils devaient exécuter des mouvements de pointage de cibles. Le premier bloc de chaque séance mettait en jeu de l’adaptation visuomotrice à des perturbations implicites lors de mouvements de pointage, tandis que le deuxième bloc utilisait un paradigme mettant de l’avant les biais post-rotation (représentatifs des processus implicites) mesurés alors que les participants devaient ignorer des perturbations stochastiques. Les résultats obtenus dans le premier bloc montrent que les participants se sont bien adaptés aux perturbations visuelles implicites. Cependant, ce volume d’adaptation vécu élevé n’est pas reflété par une diminution de la synchronisation bêta post-mouvement dans le deuxième bloc. Dans un deuxième temps, l’objectif est d’évaluer si l’exposition prolongée à une perturbation implicite limite la sensibilité subséquente à s’adapter lors de l’exposition à une nouvelle perturbation. Les résultats indiquent que ce type d’adaptation implicite n’affecte pas la sensibilité subséquente du système à s'adapter à des perturbations. L’interprétation principale avancée dans ce mémoire suggère que la PMBS serait représentative des processus explicites de l’adaptation sensorimotrice plutôt que des processus implicites. Une autre perspective d’interprétation est que l’absence d’une période réfractaire après le premier bloc d’adaptation implicite indique que la présence d’essais à l’aveugle entre les deux blocs d’adaptation implicites, comme observée dans d’autres études, pourrait potentiellement être la cause de l’interférence antérograde observée dans le deuxième bloc. En résumé, ce projet montre que, dans le cadre des paradigmes utilisés dans ce mémoire, l’exposition prolongée à des perturbations implicites n’influence pas l’activité β post-mouvement, et que l’interférence antérograde ne se manifeste que dans des contextes particuliers.","abstract_html":"L’adaptation sensorimotrice réfère à la capacité de l’être humain d’ajuster de manière continue les commandes motrices des mouvements quotidiens pour interagir de façon efficace avec son environnement. Les défis sont nombreux, allant de l’acquisition ou de la perte de masse musculaire due à un programme de mise en forme, à l’ajustement de la force nécessaire pour effectuer des mouvements variés tels que soulever différents poids lors d’un entraînement, saisir une tasse de café le matin ou réaliser une frappe au soccer. 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Cette interférence antérograde temporelle se manifeste par une diminution de la capacité d’adaptation lorsque deux séances d’apprentissage se succèdent dans un court laps de temps. Les facteurs explicatifs de cette limite ont été attribués à un état réfractaire de la plasticité neuronale après une séance d’adaptation, ou encore à la présence de certains types d’essais entre les blocs d’apprentissage. Une approche pour élucider ces limites et les processus qui y sont associés consiste à identifier un marqueur neurophysiologique de l’adaptation sensorimotrice implicite. Un candidat potentiel est la synchronisation post-mouvement de la fréquence bêta, reconnue pour ses liens étroits avec les processus décisionnels menant à l’exécution des mouvements, ainsi qu’avec les mécanismes inhibiteurs neuronaux. De plus, plusieurs éléments suggèrent un lien entre une diminution de la synchronisation bêta post-mouvement et la présence de perturbations visuelles. 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