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Gardiennes d’un savoir expérientiel, celles-ci pourraient pourtant modifier la vision de la santé mentale en proposant une histoire différente du discours médical parfois objectivant. Guidé par la théorie du standpoint et les théories de l’affect, le présent mémoire s’intéresse donc, en insistant sur les spécificités féminine et autofictionnelle, aux représentations actuelles des troubles de santé mentale chez les autrices utilisant leur vie comme moteur de création. Par l’entremise de l’étude des enjeux énonciatifs, des personnages et des discours véhiculés, les analyses de Borderline de Marie-Sissi Labrèche (2000), de Déterrer les os de Fanie Demeule (2016), de Trente de Marie Darsigny (2018) et d’Un espace entre les mains d’Émilie Choquet (2020) dévoilent les particularités de chacune de ces voix. La mise en relation des textes n’a pas seulement confirmé l’hypothèse que l’autofiction était le genre privilégié pour réfuter l’étiquette du diagnostic, mais a aussi révélé de nombreuses similitudes entre les héroïnes. Celles-ci sont impuissantes face aux événements de leur propre vie, dans une position qui leur a été imposée et qu’on leur demande d’accepter sans objections. En tant que femmes, les narratrices sont soumises au regard des autres, parfois même à leur emprise : leur corps est un objet public. Puisque leurs paroles ne sont pas entendues, elles investissent leur corps — et leur corps textuel — pour le faire porteur de leur message. Leurs souffrances ne seraient donc pas inhérentes au trouble de santé mentale, mais plutôt liées au sort réservé aux femmes, d’autant plus lorsqu’elles ne correspondent pas à la <normalité>, dans cette société sexiste et saniste.","abstract_html":"L’incompréhension et les préjugés entourant les troubles de santé mentale, qui sont relayés dans les productions culturelles teintées par l’imaginaire de la &lt;folie&gt;, contribuent à la stigmatisation des personnes concernées. Encore aujourd’hui, les auteur·ices qui en parlent d’un point de vue situé sont rarement entendu·es et ce constat est pire lorsqu’il s’agit de femmes. Gardiennes d’un savoir expérientiel, celles-ci pourraient pourtant modifier la vision de la santé mentale en proposant une histoire différente du discours médical parfois objectivant. 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