Université de Moncton
Alimentation, démographie et condition physique chez une population de coyotes (canis latrans) dans le grand écosystème de Kouchibouguac, Nouveau-Brunswick, Canada
Abstract
dc:description.abstractC'est en grande partie grâce aux perturbations humaines sur l'habitat et la faune que le coyote a pu étendre considérablement son aire de répartition en Amérique du Nord mais il a aussi subit une exploitation et des programmes de contrôle plus ou moins intensifs selon les périodes et les régions. Étant donné les implications économiques et sociales liées aux intéractions entre le coyote et les activités humaines, il est important de mieux cerner les effets actuels des activités humaines sur le comportement et la démographie du coyote. Cette thèse présente et discute les résultats d'une année et demi (octobre 1995-mars 1997) passée sur le terrain à récolter des fèces, des carcasses, des localisations, des indices du coyote dans la région du parc national Kouchibouguac, Nouveau-Brunswick, Canada. Nous avons étudié la diète, les caractéristiques physiques, la démographie et la condition physique de coyotes dans le Grand Écosystème de Kouchibouguac, sur la côte est du Nouveau-Brunswick, durant une phase d’augmentation de la population de lièvres. Les principaux éléments identifiés dans les fèces, étaient le lièvre d'Amérique, l'orignal et les fruits. Il existait une différence significative (P<0.01) de diète entre le Parc national Kouchibouguac et ses environs en septembre-octobre. Les coyotes utilisant le Parc consommaient significativement plus de fruits et moins de mammifères durant l'été comparé aux coyotes des régions adjacentes. De plus la diversité de l’alimentation était significativement plus élevée dans le Parc qu'à l'extérieur. Les activités humaines peuvent avoir une influence sur le rythme d'activité et les habitats utilisés par les coyotes, ce qui peut influencer le comportement alimentaire. Le faible niveau de perturbation humaine dans le Parc permet probablement aux coyotes d'être plus actifs durant la journée tout en ayant accès aux milieux ouverts riches en fruits. Les fruits étant une source importante de glucides, ils pourraient avoir une importance dans la synthèse de réserves adipeuses avant l'hiver. A partir de l'autopsie de 77 carcasses de coyotes récoltées entre novembre et mars dans les environs du Parc national Kouchibouguac, nous avons trouvé une diminution de condition corporelle entre novembre-janvier et février-mars chez les mâles adultes et chez les femelles comportant des cicatrices placentaires (P<0.05). Aucune variation n'était apparente au cours de l'hiver chez les femelles ne montrant pas de cicatrices placentaires. Chez les mâles adultes récoltés en fin d'hiver, plusieurs étaient atteint de la galle sarcoptique ce qui a probablement affecté leur condition physique. Les femelles pourraient, quant à elles, avoir subi un coût énergétique durant la période d'accouplement (février à mi-mars). La population étudiée était caractérisée par une moyenne d'âge élevée (5.6±3.4 ans), une faible proportion de femelles reproductives (42.9%) et un faible nombre de cicatrices placentaires (5.7±2.0 cicatrices/femelle) comparé aux résultats des études précédentes. Ces caractéristiques peuvent être expliquées par une exploitation modérée par l’humain dans la région de l'étude. En effet, une faible exploitation par l’humain permet une stabilisation de la structure sociale limitant la reproduction. Les perturbations humaines et l'intensité d’exploitation du coyote sont donc deux facteurs qui semblent influencer l'alimentation et la structure des populations de coyotes. Un faible niveau de perturbation et d'exploitation pourrait favoriser la consommation de fruits, diminuer le taux de natalité et renforcer les liens sociaux avec pour effet de stabiliser la population à un niveau relatif aux ressources alimentaires. D'un autre côté, étant donné les masses corporelles élevées des coyotes de cette région (13.9±2.7 kg, 9.5 à 22.0 kg), le renforcement des liens sociaux pourrait augmenter la prédation sur des animaux de grande taille tels les ongulés. Ainsi, dans les conditions de cette étude, un faible degré de perturbation par l’humain et une faible intensité d’exploitation pourraient permettre de limiter la consommation de mammifères par le coyote durant l'été et de favoriser la stabilisation des liens sociaux entraînant un maintien de la population à des densités relativement faibles. Par contre, l'augmentation des liens sociaux pourraient entraîner une utilisation plus importante des ongulés, notamment comme proies hivernales.
Degree
thesis:*- Name thesis:degree_name
- Maîtrise ès sciences (biologie)
- Level thesis:degree_level
- 2e cycle
- Discipline thesis:degree_discipline
- Faculté des sciences
- Grantor dc:publisher
- Université de Moncton
- Year dc:date.issued
- 1999
Author and committee
dc:creator, dc:contributor.*- Author dc:creator
-
- Dumond, Mathieu
Subjects
dc:subject × 6Rights
dc:rights- Statement dc:rights
-
- Author
- Language dc:language.iso
- iso639-2b, fre
Identifiers
dc:identifier.*- Identifier
- oclc: 726352309
- Dc Identifier Other
- umir:243
- OAI identifier oai:identifier
- oai:umoncton.scholaris.ca:20.500.14658/7585