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Toutefois, mentir intentionnellement et avec succès est une tâche ardue qui nécessite que l’enfant modifie son histoire, se souvienne à la fois de l’événement tel qu’il s’est réellement produit, mais aussi de la version modifiée tout en dissimulant son anxiété, sa nervosité et son sentiment de culpabilité associés au mensonge (DePaulo, 1992). Une telle action requiert alors de nombreuses ressources cognitives, mais aussi un contrôle physiologique important. De ce fait, pour des raisons adaptives, le contrôle physiologique comme celui de l’expression faciale se développe à un très jeune âge chez les enfants (Gosselin, 2005). Cependant, l’être humain ne réussit pas parfaitement à contrôler volontairement les activations de ses muscles faciaux, faisant en sorte que certains indices permettant de déceler la véritable émotion ressentie, bien que subtile, demeurent présents (ten Brinke &amp; Porter, 2012). Bien que la détection de mensonges dans le domaine de la psychologie légale soit largement étudiée, peu de chercheurs se sont arrêtés afin d’examiner les expressions faciales émotionnelles rattachées à des situations de mensonges, particulièrement chez les jeunes enfants. Afin de venir répondre aux lacunes dans la littérature, les enregistrements d’entrevues structurées produits par Bottoms et ses collaborateurs (2002) sont repris afin de codifier les expressions faciales émotionnelles de 30 enfants répondant à une question cible pour les conditions mensonge et vérité. Le tout est fait en utilisant le protocole de codification du Facial Action Coding System. À la suite des analyses, il est observable que peu importe si les enfants mentent ou disent la vérité, des activations musculaires sont présentes, laissant présager la présence de traces émotionnelles. Il est aussi observable que lorsque les enfants mentent, ils démontrent des traces d’émotions habituellement retrouvées dans l’expression de la peur, ce qui n’est pas le cas lorsqu’ils disent la vérité. Il pourrait alors être suggéré que le simple fait de participer à une entrevue génère des émotions chez les enfants.","abstract_html":"Dans le domaine de la psychologie légale, il est documenté que la capacité des adultes à détecter des mensonges racontés par des enfants de trois à six ans demeure une tâche difficile (Nysse-Carris, Bottoms &amp;amp; Salerno, 2011). Toutefois, mentir intentionnellement et avec succès est une tâche ardue qui nécessite que l’enfant modifie son histoire, se souvienne à la fois de l’événement tel qu’il s’est réellement produit, mais aussi de la version modifiée tout en dissimulant son anxiété, sa nervosité et son sentiment de culpabilité associés au mensonge (DePaulo, 1992). 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