Université de Moncton
Influence du crabe vert (carcinus maenas) sur le comportement du crabe commun (cancer irroratus)
Abstract
dc:description.abstractLes invasions biologiques font partie d'une problématique qui a pris de l'ampleur au cours des 20 dernières années. Elles représentent une menace pour la biodiversité et peuvent engendrer des pertes économiques importantes. Le crabe vert (Carcinus maenas) représente un bel exemple d'espèce invasive. Ce crabe, maintenant retrouvé à travers le monde, est tolérant à une vaste gamme de paramètres environnementaux et peut modifier les communautés qu'il envahi. C'est un prédateur important d'invertébrés. Il est considéré comme une menace par les conchyliculteurs et est à l'origine de la perte de plusieurs milliers de dollars. Le crabe vert a également le potentiel d'entrer en compétition avec des espèces indigènes. Plusieurs études ont, par exemple, démontré qu'il peut affecter négativement d'autres espèces de décapodes. Le crabe vert s'est récemment établi à l'Île-du-Prince-Édouard (fPE) et sa niche écologique semble chevaucher celle du crabe commun (Cancer irroratus). La relation entre ces deux crabes reste encore aujourd'hui peu documentée. Une compétition potentielle entre ces deux crabes est possible (ex. nourriture, habitat). Dans l'éventualité où le crabe indigène serait menacé, les mesures à entreprendre seront difficiles à déterminer sans mieux connaître l'état de cette coexistence. L'objectif de cette thèse est de quantifier l'influence du crabe vert sur le comportement général et le taux de prédation du crabe commun. Le budget de temps et le taux de prédation des deux espèces de crabes ont été observés dans trois différents contextes de compétition (1 crabe, 2 congénères ou 1 crabe de chaque espèce) dans des aquariums durant l'automne 2006 et le printemps 2007. Chacun de ces traitements de compétition a été soumis à trois températures (5, 12 ou 20°C) ainsi qu'à deux densités de proies (4 ou 30 moules). Des expériences complémentaires ont également été menées sur le terrain. Celles-ci utilisaient des traitements de compétition identiques à ceux réalisés en laboratoire. Ces expériences ont été effectuées à l'IPE dans des sites mytilicoles de la région de St. Mary's Bay à l'automne 2007. Des inventaires de crabes verts et communs ont finalement été réalisés mensuellement sur quinze lignes de moules de juin à octobre 2007 dans la même région. Le temps alloué au comportement d'alimentation (recherche, manipulation et consommation des proies) et aux interactions agonistiques ainsi que les taux de prédation des crabes communs et verts étaient plus élevés à 20°C. Le temps alloué au comportement d'inactivité était plus faible sous cette température. La densité de proies la plus élevée a favorisé un accroissement du temps alloué au comportement d'alimentation chez les deux espèces de crabes. La présence d'un congénère a eu un effet similaire chez le crabe commun dans certains cas (ex. crabes communs à 20°C et 30 moules durant l'automne), tandis qu'un effet inverse a été observé dans d'autres cas pour les deux espèces (ex. crabes communs à 12°C et 30 moules, et crabes verts à 12°C et 4 moules durant le printemps). La présence d'un crabe de l'autre espèce n'a pas semblé influencer le budget de temps et le taux de prédation du crabe vert et du crabe commun. Les traitements de compétition des expériences effectuées dans les cages sur le terrain n'ont également pas semblé avoir d'effet sur les contenus stomacaux. Ces résultats suggèrent que les deux espèces de crabes peuvent coexister. Cette coexistence potentielle pourrait être facilitée par l'évitement spatial et temporel observé lors des inventaires de crabes. Les deux espèces ont rarement été observées sur la même ligne de moules et ont présenté deux patrons d'abondance inverses durant l'étude. L'abondance du crabe vert a augmenté avec la température de l'eau (juin à octobre), tandis que celle du crabe commun est restée faible. Le budget de temps et le taux de prédation du crabe commun semblent supporter ce patron saisonnier de variation. Le crabe vert serait cependant plus tolérant aux températures froides que ce que la littérature indique. Nos observations ont montré que le crabe vert peut adopter un comportement alimentaire à 5°C. La littérature rapportent qu'il cesse de s'alimenter à des températures ≤7°C. La coexistence entre le crabe commun et le crabe vert pourrait toutefois être compromise dans l'éventualité où un réchauffement des eaux du Golfe du Saint-Laurent surviendrait. La dominance du crabe vert, plus tolérant aux eaux chaudes, pourrait ainsi être favorisée.
Degree
thesis:*- Name thesis:degree_name
- Maîtrise ès sciences (biologie)
- Level thesis:degree_level
- 2e cycle
- Discipline thesis:degree_discipline
- Faculté des sciences
- Grantor dc:publisher
- Université de Moncton
- Year dc:date.issued
- 2008
Author and committee
dc:creator, dc:contributor.*- Author dc:creator
-
- Bélair, Marie-Christine
- Advisor dc:contributor.advisor
-
- Miron, Gilles
Subjects
dc:subject × 3Rights
dc:rights- Statement dc:rights
-
- Author
- Language dc:language.iso
- iso639-2b, fre
Identifiers
dc:identifier.*- Identifier
- oclc: 726189154
- Dc Identifier Other
- umir:1231
- OAI identifier oai:identifier
- oai:umoncton.scholaris.ca:20.500.14658/7118