{"id":{"repo_id":"moncton","oai_identifier":"oai:umoncton.scholaris.ca:20.500.14658/6613"},"canonical_url":"https://search.dev.ndltd.org/etd/moncton/oai:umoncton.scholaris.ca:20.500.14658/6613","repository":{"repo_id":"moncton","name":"University de Moncton","base_url":"https://umoncton.scholaris.ca/server/oai/request"},"display":{"title":"Marginalité et identité dans l&apos;oeuvre romanesque d&apos;Antonine Maillet et de David Adams Richards: esquisse du sociogramme du protagoniste marginal","abstract":"Antonine Maillet et David Adams Richards, originaires de comtés voisins au Nouveau-Brunswick, vivent une expérience littéraire coïncidente, vraisemblablement non consciente : au fil de leurs romans, le sociogramme du protagoniste marginal se déplace, se fige et se solidifie dans le parcours figural d&apos;un minoritaire qui chemine de l&apos;identité historique à l&apos;avènement de la modernité dans la dimension identitaire. L&apos;espace-temps référentiel des deux œuvres romanesques offre divers points d&apos;ancrage au sociogramme; chez Maillet, l&apos;Acadie dans le temps sacré et, chez Richards, la Miramichi dans le temps profane servent de prédicats de base à l&apos;identité. Le mouvement réflexif des antinomies conflictuelles centre/marge, passé/avenir, tradition/rupture, ignorance/connaissance, sources de tension et d&apos;opposition autour de l&apos;identité, esquisse le champ sociogrammatique du protagoniste marginal. Dans les deux œuvres romanesques, l&apos;activité sociogrammatique tourne autour de conflits entre le territoire et le fragment, la mémoire et l&apos;oubli, le communautaire et l&apos;individuel, la subjectivité et l&apos;américanité, la confrontation et l&apos;accommodation. Pour Maillet, c&apos;est la marginalité volontaire, un choix conscient impliquant un engagement communautaire dans le vivre ensemble; pour Richards, c&apos;est la marginalité inexorable des êtres en perte d&apos;identité, l&apos;exil intérieur en l&apos;absence d&apos;un nous collectif. La protagoniste mailletienne résout l&apos;énigme identitaire de sa relation avec sa communauté d&apos;appartenance; la langue, et non plus la foi catholique, devient le dénominateur commun qui permet de se retrouver entre soi. Le protagoniste richardsien est quant à lui en déperdition d&apos;une identité culturelle; dépossédé du lieu identitaire qu&apos;a été pour lui l&apos;Église catholique, sa relation avec sa communauté d&apos;appartenance s&apos;effrite, alors que la domination étatsunienne est d&apos;autant plus forte que la dispersion communautaire est grande. Chez les deux auteurs, le sodogramme du protagoniste marginal bouge selon la conjoncture de la parole. De roman en roman, la protagoniste mailletienne devient de plus en plus confiante de prendre la parole dans sa langue identitaire, le français, alors que le protagoniste richardsien apprivoise la prise de parole dans la langue dominante, l&apos;anglais. La protagoniste mailletienne, qui en 1958 ne pouvait pas encore s&apos;exprimer dans la langue vernaculaire, célèbre en 19% la prise de parole dans la langue d&apos;origine, écrite dans l&apos;espace littéraire devenu territoire identitaire. Le protagoniste richardsien, qui en 1974 était prisonnier du silence et du mutisme, reconnaît en 19% le rôle de la prise de parole dans l&apos;écriture fictive pour comprendre son vécu universel d&apos;être humain. L&apos;intensité de l&apos;activité sociogrammatique autour de l&apos;identité pour y inscrire du nouveau éclaire la quête d&apos;identité dans les romans de Maillet et la perte d&apos;identité dans les romans de Richards. Les deux auteurs interpellent ainsi avec le protagoniste figurai le devenir collectif et individuel dans leur communauté minoritaire respective, aux prises avec les défis de la modernité. Pour y faire face, Maillet re-conte l&apos;Histoire dans la fiction pour assurer la pérennité acadienne dans le discours social et Richards présente dans ses romans l&apos;évacuation mémorielle et ses effets pour que la fiction produise un contre-effet dans le discours social. Les deux romanciers font bouger, chacun à sa façon, le sodogramme du protagoniste marginal qui, dans son mouvement au fil des romans, contredit, déplace et transforme le doxique hégémonique.","abstract_html":"Antonine Maillet et David Adams Richards, originaires de comtés voisins au Nouveau-Brunswick, vivent une expérience littéraire coïncidente, vraisemblablement non consciente : au fil de leurs romans, le sociogramme du protagoniste marginal se déplace, se fige et se solidifie dans le parcours figural d&amp;apos;un minoritaire qui chemine de l&amp;apos;identité historique à l&amp;apos;avènement de la modernité dans la dimension identitaire. L&amp;apos;espace-temps référentiel des deux œuvres romanesques offre divers points d&amp;apos;ancrage au sociogramme; chez Maillet, l&amp;apos;Acadie dans le temps sacré et, chez Richards, la Miramichi dans le temps profane servent de prédicats de base à l&amp;apos;identité. 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