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Université de Sherbrooke

Obésité, facteurs de risque et complications cardiométaboliques chez les personnes âgées de 50 ans et plus : mieux comprendre pour mieux intervenir

Abstract

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Le vieillissement est un phénomène inévitable provoquant plusieurs changements biologiques, physiques, psychologiques et sociologiques pouvant engendrer des effets potentiellement néfastes pour la santé générale de l’individu. Parmi ces changements, une accumulation excessive de tissus adipeux est souvent observée, laquelle est un facteur de risque de plusieurs problèmes de santé, susceptibles de causer une mort prématurée. Ainsi, la prise en charge adéquate de l’obésité est une priorité de santé publique. Plusieurs stratégies ont été proposées pour la gestion du poids corporel. Toutefois, la complexité et la nature hétérogène de l’obésité rend le choix d’une stratégie adéquate un défi considérable pour les cliniciens. Ainsi, l’objectif principal de la présente thèse est de mieux caractériser l’état de santé de l’individu obèse ayant des complications cardiométaboliques (syndrome métabolique ou pré-diabétique), en identifiant les principaux facteurs de risque qui lui sont associés, afin de pouvoir mettre en place une stratégie d’intervention personnalisée plus efficace qui répond aux besoins spécifiques de chaque individu. Plus particulièrement, dans un premier temps, nous nous sommes intéressés aux effets de la perte de poids induite par la restriction calorique sur la composition corporelle et le profil cardiométabolique de femmes ménopausées et obèses avec ou sans le syndrome métabolique. L’étude avait comme objectif principal d’investiguer les réponses des deux phénotypes différents (sans ou avec le syndrome métabolique) de femmes ménopausées et obèses suite à une même intervention de perte de poids. Notre hypothèse était que le phénotype d’obésité aurait un impact sur les réponses des individus suite à une même intervention. Nos résultats ont démontré que les deux sous-groupes avaient des réponses similaires suite à l’intervention. Toutefois, au sein du même sous-groupe, d’un individu à un autre, les réponses métaboliques étaient différentes. En effet, suite à une amélioration significative de la composition corporelle, certaines femmes avaient amélioré leur profil métabolique, alors que d’autres ne présentaient aucun changement ou avaient même détérioré leur profil métabolique. En outre, nos observations ont démontré qu’en moyenne, le phénotype des femmes ménopausées et obèses pourrait ne pas avoir d’impact sur l’amélioration de la composition corporelle et la santé cardiométabolique suite à une intervention de perte de poids induite par la restriction calorique, alors que sur le plan individuel des réponses variables ont été observées. Dans l’ensemble, les résultats de cette étude confirment la nature hétérogène de l'obésité et suggèrent qu'au-delà de l'hétérogénéité métabolique, plusieurs autres caractéristiques devraient être considérées pour identifier des sous-groupes homogènes afin de minimiser les variations interindividuelles dans les réponses suite aux interventions de perte de poids. Finalement, ces résultats viennent appuyer l’idée générale qu’on ne peut pas préconiser la même stratégie d’intervention pour tout le monde, et qu’il faut tenir compte des caractéristiques initiales et des besoins spécifiques des individus pour mettre en place des stratégies d’intervention plus personnalisées. Avec le même objectif de mieux comprendre pour mieux intervenir, nous avons proposé deux études d’ordre épidémiologique utilisant une approche multi-informationnelle centrée sur l’individu. La première étude (étude 2) est d’ordre épidémiologique de type descriptif. L’objectif principal était d’investiguer l’hétérogénéité de l’obésité au sein d’une population âgée en utilisant une approche d’analyse de classification automatisée. L’utilisation de cette approche avait pour but de classifier objectivement les individus obèses et âgés dans des sous-groupes homogènes présentant des caractéristiques et des besoins similaires (physiques, physiologiques, psychologiques, nutritionnels et sociologiques). Nous avons également étudié les trajectoires des sous-groupes d’individus obèses identifiés sur une période de 3 ans afin de suivre leur évolution. Nos résultats ont démontré, dans un premier temps, que différents cofacteurs associés à l’obésité pouvaient être combinés afin de former différents phénotypes d’individus obèses. En effet, des différences dans la santé générale (GH), psychologique (PH) et au niveau de la capacité physique (PC) ont permis de distinguer 3 sous-groupes d’individus obèses, soit les obèses en santé (ou GH+, PH+ et PC+); les obèses avec faible capacité physique (ou GH+/-, PH+/-et PC -) et les obèses en mauvaise santé (ou GH-, PH- et PC-)]. Dans un deuxième temps, nos analyses longitudinales ont démontré que les phénotypes identifiés au début de l’étude étaient les mêmes qui émergeaient à la 1ere, 2e, et 3e année de suivi. Ces observations suggèrent que malgré la nature hétérogène de l’obésité, il existe probablement des patrons répétitifs (des phénomènes répétitifs sous-jacents au développement de l’obésité). Les résultats des analyses longitudinales ont également démontré que certains individus obèses ont changé de profil d’un temps de mesure à un autre. Toutefois, certains axes de transition étaient plus favorables que d’autres selon le sexe. Nos sous-analyses ont démontré que des changements dans le niveau d’activité physique, la participation sociale et la qualité de vie reliée à la santé physique sont associés à la détérioration ou l’amélioration du profil de santé des hommes obèses et âgés au fils du temps. Chez les femmes obèses et âgées, l’amélioration ou la détérioration du profil de santé au fil du temps étaient associées à des multitudes de changements, soit des changements de la capacité physique, du niveau d’activité physique, de l’état de dépression, de la qualité de vie associée à la santé physique et mentale ainsi que de l’autonomie fonctionnelle. Ces facteurs pourraient être ciblés par les cliniciens et les professionnels de santé pour adapter les programmes d’intervention afin de prévenir la détérioration du profil de santé des individus obèses et âgés à moyen et à long terme. La troisième étude avait une visée épidémiologique de type étiologique. Dans cette étude, notre objectif était premièrement, de bien caractériser le profil d’individu en surplus de poids et obèse ayant des complications métaboliques, soit une glycémie à jeun altérée (impaired fasting glucose : IFG), une intolérance au glucose (impaired glucose tolerance : IGT) ou bien les deux conditions (IFG-IGT) en utilisant plusieurs variables en lien avec la santé métabolique, la composition corporelle, la qualité nutritionnelle et les habitudes de vie. Deuxièmement, à l’aide d’une méthode de prédiction paramétrique, notre objectif était d’identifier les facteurs de risque spécifiques associés à chaque condition. Les résultats de cette étude ont démontré que les individus IFG et IGT présentaient des caractéristiques physiques et physiologiques ainsi que des facteurs de risques modifiables différents. De plus, les individus ayant les deux conditions avaient plus de facteurs de risque comparativement à chacune des deux conditions seules. Ces résultats indiquent qu’il existe une hétérogénéité au sein de la population pré-diabétique et que les interventions cliniques visant à traiter les individus atteints d’IFG, d’IGT ou d’IFG-IGT devraient être plus spécifiques pour être plus efficaces. Les facteurs de risque identifiés dans la présente étude devraient être ciblés par les professionnels de santé afin de prendre en charge les altérations de l’homéostasie de glucose et stopper la progression vers le diabète de type 2. En guise de conclusion, les résultats de nos travaux ont démontré que l’hétérogénéité de l’obésité au sein de certaines populations (pré-diabétiques, avec ou sans le syndrome métabolique) est très importante. Nos résultats ont également démontré que l’identification des profils d’individus obèses en utilisant seulement l’IMC ainsi que les caractéristiques métaboliques ne permet pas de réduire l’hétérogénéité ni d’améliorer la personnalisation des programmes de perte de poids. En effet, nous avons pu démontrer qu’au-delà des caractéristiques métaboliques, les individus issus d’une même sous-population pourraient avoir des caractéristiques physiques et psychologiques différentes qui devraient être considérées pour mieux définir leurs besoins. Ainsi, sur le plan clinique, nos résultats suggèrent que les programmes d’intervention visant la prise en charge de l’obésité et ses complications cardiométaboliques devraient tenir compte des caractéristiques physiques, physiologiques et psychologiques de l’individu en visant les facteurs de risque spécifiques associés à son état de santé. Finalement, cette thèse a proposé des approches méthodologiques qui pourraient aider à mieux prendre en charge l’hétérogénéité observée au sein de la population obèse ayant des complications cardiométaboliques. Ceci pourrait être une première étape vers la personnalisation des stratégies d’intervention. D’autres études sont nécessaires pour confirmer nos résultats.

Degree

thesis:*
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Ph. D.
Level thesis:degree_level
Doctorat
Discipline thesis:degree_discipline
Gérontologie
Grantor dc:publisher
Université de Sherbrooke
Year dc:date.issued
2018

Author and committee

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Author dc:creator
  • Ghachem, Ahmed
Advisors dc:contributor.advisor
  • Brochu, Martin
  • Dionne, Isabelle

Subjects

dc:subject × 5

Rights

Language dc:language.iso
fr, en

Identifiers

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Handle dc:identifier.uri
http://hdl.handle.net/11143/12102
OAI identifier oai:identifier
oai:usherbrooke.scholaris.ca:11143/12102

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source
Harvested from
Université de Sherbrooke
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usherbrooke.scholaris.ca/server/oai/request
Last updated
2026-07-27
Source record
OAI-PMH GetRecord
citation

Ghachem, Ahmed. Obésité, facteurs de risque et complications cardiométaboliques chez les personnes âgées de 50 ans et plus : mieux comprendre pour mieux intervenir. Doctorat thesis, Université de Sherbrooke, 2018. http://hdl.handle.net/11143/12102