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ULiège - Université de Liège

Reproduction en groupe chez l'Hirondelle rustique (Hirundo rustica):stratégies individuelles et interactions sociales

Abstract

dc:description

La reproduction d’individus à proximité d’autres adultes de la même espèce et plus particulièrement l’origine et le maintien de la variation de la taille des groupes de reproduction chez les espèces semi-coloniales sont des thèmes centraux en écologie évolutive et en biologie comportementale. L’approche récente de ces thèmes consiste non plus à identifier les conséquences de la vie en groupe (coûts et bénéfices pour le groupe), mais à évaluer quels signaux de l’environnement sont pris en compte par l’individu lors du choix de son habitat de reproduction ou de son partenaire. Ces signaux sont de deux types: signaux de l’habitat et signaux de l’environnement social. Le comportement de sélection de l’habitat durant la saison de reproduction ayant des conséquences sur le succès reproducteur saisonnier, chaque individu devrait idéalement opter pour l’environnement qui regroupe les paramètres lui permettant de maximiser sa fitness au vu de ses qualités et besoins individuels. Dès lors, les caractéristiques des individus, que ce soit des caractéristiques intrinsèques telles que la morphologie ou l’âge, mais également leur comportement jouent un rôle prépondérant dans la sélection d’un habitat. Les causes de la variation observée pour la taille des groupes de reproduction sont peu claires et il parait opportun d’évaluer si le choix de l’habitat repose sur des caractéristiques de l’habitat, des individus, ou d’une combinaison des deux et d’évaluer quel est le rôle relatif de chacun de ces éléments. A cette fin, nous avons étudié une population naturelle d’Hirondelles rustiques (Hirundo rustica), que nous avons suivie pendant trois saisons de reproduction (de mai à septembre 2009 à 2011), dans une région rurale du sud de la Belgique. Nous avons collecté pour cette population des données de baguage, des données génétiques et comportementales, et effectué différents tests comportementaux. Cette espèce est qualifiée de semi-coloniale car elle présente une gamme variable de taille des colonies de reproduction. Il a été proposé précédemment que cette espèce base son choix d’habitat principalement sur des signaux de l’habitat tels que la présence d’anciens nids plutôt que sur base d’indices sociaux comme le succès reproducteur des conspécifiques. Cependant, nous avons observé que l’habitat de la population étudiée n’était pas saturé, des sites adéquats pour la reproduction n’étant pas occupés certaines années. A l’inverse, nous avons observé le regroupement dans certains autres locaux, avec parfois même la construction de nouveaux nids dans des pièces déjà occupées. Cela indique que l’on se trouve en présence d’une agrégation volontaire. Nous montrons que le choix d’un habitat de reproduction s’effectue en partie sur une sélection de caractéristiques intrinsèques de l’habitat. L’importance de ces paramètres intrinsèques ne semble cependant pas prépondérante puisque leur variation ne permet d’expliquer qu’une part faible de la variation des taux d’occupation des locaux. En fait, le choix fait également intervenir des caractéristiques sociales de l’environnement de reproduction, i.e. la présence et les comportements des conspécifiques. Le résultat majeur de ce travail montre que le choix d’un environnement social donné est fonction des caractéristiques de l’oiseau, et qu’il a un impact sur les comportements exhibés par les individus, comme par exemple la pratique de stratégies alternatives de reproduction. Nous avons montré dans cette thèse que le choix d’un environnement social de reproduction s’effectuait de manière active, au moins pour une partie des individus. En conséquence, les individus ne sont pas distribués dans le gradient des environnements sociaux disponibles indépendamment de leurs caractéristiques morphologiques et de leur personnalité. Ainsi, les grandes colonies abritent des individus à néophobie élevée et à haute tolérance sociale. La vie en groupe est susceptible d’apporter certains bénéfices de fitness mais a également des coûts. Plusieurs de ces coûts et bénéfices ont été évalués: la coopération entre les adultes (pour l'élevage des jeunes et de la défense du nid), l'utilisation de stratégies alternatives de reproduction comme les copulations hors couple (EPC) et le parasitisme de nichée, la prévalence des ectoparasites, et le succès reproducteur annuel. Nous avons montré que la coopération est associée à la vie de groupe et constitue probablement une prime pour les oiseaux qui décident de se reproduire dans les groupes, où la fréquence des ectoparasites est plus élevée. Nous n'avons pas relevé de motif particulier d'association entre la présence dans un nid de poussins issus d’EPC ou du parasitisme de nichée et la taille du groupe de reproduction, les deux étant commun dans les colonies comme dans les nids isolés. Il semble toutefois que l'utilisation de ces stratégies alternatives soit en relation avec l'environnement social choisi: les femelles utilisent plus souvent le parasitisme lorsqu'elles sont isolées que lorsque dans les grandes colonies, et les mâles ont plus de progéniture extra-couple quand ils se reproduisent en colonies. Au final, même si elles adoptent des stratégies contrastées, les hirondelles qui nichent en colonie ou isolées ont toutes un succès reproducteur annuel similaire. Nous suggérons que les avantages sociaux de la vie de groupe (ou encore ceux de l'isolement) peuvent être évalués lors de la sélection de l'habitat de reproduction, et nous proposons que la variabilité de ces avantages pour les oiseaux avec des phénotypes contrastés (en termes de morphologie ou de tempérament) soit impliquée dans le maintien du caractère semi-colonial de cette espèce. En conclusion, cette thèse a montré l’importance de l'individualité dans le maintien de la variation dans la taille des groupes de reproduction. La question du « pourquoi les individus reproduisent groupe » reste cependant largement ouverte, mais notre étude a fourni de nouveaux éléments sur ce sujet.

Degree

thesis:*
Grantor dc:publisher
ULiège - Université de Liège
Year dc:date
2013

Author and committee

dc:creator, dc:contributor.*
Author dc:creator
  • Dardenne, Sophie
Contributors dc:contributor
  • Poncin, Pascal
  • Stevens, virginie

Subjects

dc:subject × 11

Rights

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Statement dc:rights
  • restricted access
  • info:eu-repo/semantics/restrictedAccess
Language dc:language
fr

Identifiers

dc:identifier.*
Identifier
info:hdl:2268/156056
OAI identifier oai:identifier
oai:orbi.ulg.ac.be:2268/156056

Chain of custody

source
Harvested from
Université de Liège
Base URL
orbi.uliege.be/oai/request
Last updated
2026-07-24
Source record
OAI-PMH GetRecord
citation

Dardenne, Sophie. Reproduction en groupe chez l'Hirondelle rustique (Hirundo rustica):stratégies individuelles et interactions sociales. ULiège - Université de Liège, 2013. https://orbi.uliege.be/handle/2268/156056